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Fraisiers : conseils de culture

Réussir à avoir beaucoup de bonnes fraises n’est pas très compliqué, si on respecte quelques points importants lors de la plantation et ensuite un petit suivi quelques fois par an. Bien sûr il faut aussi trouver de bonnes variétés à très bon goût, elles sont loin de toutes se valoir, et des plants de qualité !

Version résumée des conseils de cette longue page : tout en bas !

  1. Période de plantation
  2. Où et comment planter
  3. Selon le type de plants
  4. Culture hors sol
  5. Gestion de la plantation
  6. Tailler les plantes
  7. Fertilisation
  8. Irrigation
  9. Les variétés à longue production
  10. Divers
  11. Version courte

1.  Période de plantation

Traditionnellement, les nouveaux jeunes fraisiers enracinés de l’année sont déplaçables pour une plantation de fin août à début octobre. Mais ces plants frais ne sont pas faciles à gérer pour les jardineries.

Donc il est désormais possible de couramment trouver des plants professionnels de gros calibre provenant de grands producteurs officiels de fraisiers (en racines nues ou mottes de terreau compressé racines apparentes), réfrigérés, à planter au début du printemps ou plus tard pour décaler la production de la première année. Leur fraîcheur et haute qualité sanitaire sont appréciées.
Peu importe la période, pour le fraisier, ce sera juste comme s’il sortait d’un hiver naturel qui a duré plus longtemps, et si vous le soignez bien vous aurez une très bonne récole la première année.

L’autre option est l’achat de fraisiers en pots, faits à partir de stolons frais d’automne ou de plants frigos printaniers de calibre normal ou plus petit qu’utilisé par les producteurs de fraises. Ces plantes peuvent être mises en place plus ou moins n’importe quand.

2.  Où et comment planter

Le fraisier a du mal avec les sols trop calcaires, lourds, asphyxiants, et mal drainés. Ce n’est pas le froid qui le tuera mais l’excès d’eau et le manque d’air aux racines…

Planter tous les 30-40 cm au soleil, dans un sol bien travaillé et éventuellement allégé (compost bien mûr, terreau, tourbe, sable de Rhin…), avec apport d’engrais c’est important, voir point 8.
Neuf fraisiers par m² environ, donc.

Si le sol est trop lourd/argileux/souvent détrempé : faire des buttes similaires à celles des pommes de terre, 20 cm de haut sur 50-70 de large au sommet qui sera plat, et planter deux lignes parallèles de fraisiers décalés en zigzag (ou pas !), à l’espacement conseillé.

Ne pas enterrer trop la plante, la base de la rosette de feuilles doit être au niveau du sol. Ou : le milieu du petit “tronc”, à cette hauteur.
Cliquez sur les images.

Si libres, les racines doivent être étalées sur un cône de terre et leurs extrémités toujours pointer vers le bas. Si elles sont vraiment trop longues, on peut les raccourcir un peu.

Pour le jardinier amateur nous déconseillons fortement la plantation en serre en pleine terre. En petits abris/tunnels provisoires mis en place au printemps, éventuellement.
Ou, si culture en pots ou bacs en extérieur et déplacés momentanément en serre quelques semaines, pour avoir une production plus précoce au printemps ou plus longue en automne, pourquoi pas…
Mais la pollinisation des fleurs peut être compromise, donc le volume de production aussi : le pollen déplacé par le vent contribue en moyenne à 8 % du poids des fruits, la gravité environ 80 % et les insectes 20 à 25 %… en fonction des variétés et des conditions climatiques.

3.  Selon le type de plants

  • Pour nos plants en POTS : le sol doit rester humide après plantation (pas détrempé) : les arroser le premier mois, et apporter n’importe quel engrais liquide deux ou trois fois durant cette période. Si vous ne les plantez pas tout de suite en plein terre : engrais liquide quelconque tous les 10 jours, et voir conseils de culture en pots, point 4.
  • Pour nos plants en MOTTES RACINES APPARENTES : garder humide et planter le plus vite possible. Le sol doit rester humide (pas détrempé) : les arroser les deux premiers mois, engrais liquide facultatif mais apprécié.
  • Pour nos plants en RACINES NUES de fin d’hiver à début été : plantation immédiate ! Mais il est possible de les conserver un peu au frigo dans un emballage qui garde l’humidité mais qui laisse respirer. A la mise en place, protéger les racines du soleil et du vent asséchant. Couper toutes les feuilles vivantes visibles, il faut que les racines prennent de l’avance par rapport à la partie aérienne. Le sol doit rester humide (pas détrempé) : les arroser les deux premiers mois, engrais liquide facultatif mais apprécié. Une autre option est la plantation provisoire dans des pots de 11 ou 14 cm de large dans un substrat de qualité pour 4 à 8 semaines, avec engrais liquide quelconque, et ensuite mise en place comme au premier point.
  • Pour nos STOLONS FRAIS racines nues de fin d’été, idem que ci-dessus mais on peut laisser la moitié des feuilles.

4.  Culture hors sol

En pots/bacs, la production est possible, avec minimum 5 litres de volume de terreau universel de qualité par plant de fraisier, voire 10 litres ! Engrais solide bien mélangé dans le terreau au départ, et idéalement un peu d’engrais liquide universel ou fruitier ensuite durant chaque période de végétation, en respectant la dose conseillée par le fabricant.

Le pot doit avoir de gros trous et ne jamais tremper dans une couche d’eau, et l’air doit pouvoir rentrer par le bas. La terre cuite est déconseillée car trop asséchante, et les pots en synthétique seront de couleur la moins foncée possible pour éviter l’échauffement exagéré au soleil.
Éventuellement, en mars de l’année suivante, raboter un peu la motte au grand couteau et replanter au milieu de substrat neuf avec engrais solide lent.
Remplir les pots jusque 1 cm sous le bord. Totalement inutile de mettre des graviers au fond.

Les deux paragraphes ci-dessus sont pour la majorité des jardiniers, qui négligeront quasi certainement l’aspect fertilisation correcte en hors sol. Mais pour les motivés et rigoureux, il est possible de cultiver avec moins de terreau et en plantant plus serré (20 cm par exemple) : 3, 2, voire 1 seul litre de substrat par plant, mais il faudra veiller à garder le substrat toujours humide, avec un tuyau gouttant sur la ligne par exemple (mais ne pas arroser de trop pour éviter le lessivage du sol si excès d’eau qui coulera… donc peut-être protéger le substrat de la pluie aussi…) ET apporter une fertilisation liquide très régulière d’engrais professionnel spécial fraisiers. Grosse production assurée en contrepartie de vos efforts, si vous avez commencé avec des plants frigo de gros calibre.
Ce système pourra produire énormément 2 années consécutives sur une petite surface, mais alors idéalement il faudra aussi penser à élaguer une partie des tiges de la souche de chaque plant en hiver (plus d’infos à ce sujet bientôt).

5.  Gestion de la plantation

Un système de paillage pour conserver l’humidité, lutter contre les mauvaises herbes, et assurer la propreté des fruits, est utile : une couverture du sol naturelle ou synthétique. L’ennui est que cela peut compliquer l’arrosage et surtout la fertilisation.
La couleur noire réchauffera rapidement le sol pour les plantes au printemps, mais pourra être très chaude en été…

Donc le meilleur compromis selon nous reste la paille en couche pas trop épaisse (“Straw-berry”en anglais pour Fraise : littéralement le-fruit-de-paille) qui peut être facilement ramassée/écartée/remise ou remplacée par de la neuve. Ou un plastique perméable, mais qu’on enlèvera en mars pour engrais solide lent une seule fois chaque année, et à repositionner sur les plants dont les feuilles auront été coupées à raz. D’autres types de revêtements en nappe ou broyat existent.

Un problème possible est l’attaque des limaces : vous serez informés qu’une fraise est à maturité quand… une limace l’aura dévorée de la nuit. Il existe des granulés hélicides bio (Ferramol, Escar’Go…).

6.  Tailler les plantes

Couper les stolons (les « fils ») dès leur apparition. La troisième année de fructification, laisser des stolons se développer et s’enraciner (+ engrais liquide quelconque là où ils prospèrent…), et fin août début septembre, plantez les plus vigoureux rejetons à un autre emplacement n’ayant pas eu de fraisiers pendant un petit temps, et détruisez les vieux de 3 ans fin d’automne. La troisième année de production pouvant être décevante, on peut adopter ce cycle sur 2 ans seulement, ça peut parfois être beaucoup plus intéressant pour les passionnés.

A chaque première grosse gelée de fin d’année : couper toutes les feuilles d’une plantation (facultatif mais inoffensif et pratique par la suite).

On peut élaguer une partie des tiges de la souche des plants en hiver pour assurer un meilleur calibre la prochaine fois (plus d’infos à ce sujet bientôt).

7.  Fertilisation

Faites-vous une raison : si vous voulez de très nombreuses fraises, et grosses, et longtemps, il faut apporter aux gourmands fraisiers des nutriments, une bonne quantité initiale et ensuite des compléments réguliers : un produit avec engrais écrit sur l’emballage !

Amendement organique, humus, compost, etc… c’est très bien mais ça ne suffit pas.
Les fraises ça ne marche pas bien chez moi” = pas assez d’engrais la plupart du temps !
(et/ou d’eau, et/ou mauvais respect des consignes sol, emplacement ensoleillé et autres conseils).
Les composts de qualité, fumiers très décomposés, etc… sont de très bons améliorants du sol, utiles à plein de niveaux, mais pas assez riches, et/ou déséquilibrés dans leur composition, pour cette culture. Du fumier pas assez mûr peut être dangereux, et le dosage hasardeux.

Les produits pour s’assurer un démarrage optimal d’une plantation et ensuite pour ramener au sol ce que vous lui avez prélevé par les fruits et élimination de feuilles, et compenser les pertes causées par la pluie ou arrosage excessif, sont les engrais, disponibles la plupart du temps sous forme d’apport solide organique ou minéral (poudre, granulés…), ou en liquides à diluer.

A ajouter lors de la préparation initiale du sol, bien mélanger en profondeur et surface, et ensuite chaque année superficiellement sans abîmer les racines, en enfouir à la dose recommandée, en mars-avril et juillet.
Durant la végétation un complément en arrosage de fertilisant liquide organique ou minéral peut être très utile ou pratique.
Il existe beaucoup d’engrais certifiés bio donc ça ne doit pas être source de craintes !

Quels engrais ? Les organiques sont souvent à efficacité étalée assez lente, et il existe des formules minérales aussi, élaborés et conditionnées pour libérer progressivement et très longtemps les éléments utiles aux plantes (pratique en cas de bâchage par exemple, un seul apport au printemps). Les engrais minéraux liquides à diluer ou les solides solubles à dissoudre, auront une action très rapide après arrosage.

Pour les fraisiers, le rapport des éléments naturels N (azote) / P (phosphore) / K (potassium) théorique idéal est de 1 / 0,5 / 1,5 mais tout engrais avec NPK genre 6-7-8 ou 7-7-10 ou 15-13-18, sera très bien
Engrais universel potager, ou fraisiers/petits fruits si promotion…
Regardez la composition ! Peu importent l’image d’étiquette et s’il y a écrit Pétunias/Potirons/Lavandes/Tomates/Cocotiers en titre, c’est juste de la manipulation commerciale !
De même, un engrais spécial “fraisiers” conviendra très bien aux besoins moyens de la plupart des autres légumes ou fruits, voire ornementales !

Nous avons régulièrement en stock une formulation d’engrais solide organique bio, très adaptée à la fraise, NPK 7-7-10 :
2 € le kilo, vente en vrac au poids, 120 g/m² deux fois par an (= 11 à 19 grammes par fraisier selon distances de plantation).
Super bon aussi pour tout votre potager, verger et plantes décoratives en sol ou bacs !

Et un excellent engrais minéral professionnel, poudre à dissoudre, NPK 15-11-29 + oligoéléments :
2 € les 100 grammes, 1 à 2 g/litre tous les 7-10 jours (100 g = 5 à 10 arrosoirs de 10 l).
Particulièrement recommandé pour culture hors sol, surtout en intensive à volume de substrat minimal. Et ça conviendra très bien en usage occasionnel pour vos bacs à fleurs, ou coup de fouet/sauvetage pour toute autre plante, ou les fraisiers en terre !
Si vous n’avez pas de balance assez précise pour peser 5, 10 ou 20 grammes par arrosoir : diluez 100 g dans 1 litre d’eau (= 100 centilitres), conservez dans une bouteille en verre qui ferme au frigo, bien mélanger avant utilisation :
dans 1 cl (= 10 millilitres) de cette solution il y aura 1 g d’engrais. Donc pour 10 g dans un arrosoir de 10 l, il faut mettre dans l’arrosoir 10 cl (= 100 ml) de la bouteille. Pour un arrosoir de 15 l à 2 g/l : il faut 30 g d’engrais donc 30 cl (= 300ml) du mélange.

Attention, trop d’engrais, outre le gaspillage, peut devenir toxique pour la plante.

8.  Irrigation

Les fraisiers n’aiment pas l’excès d’eau mais n’aiment pas avoir trop soif non plus !

Outre les conseils ci-dessus pour la mise en place de nouveaux plants, en cas de canicule ou sol trop sec, il faudra arroser (il vaut mieux apporter beaucoup d’eau en plusieurs passages sur 1 heure tous les 3-5 jours, que peu et superficiellement tous les jours).

Un tuyau poreux gouttant est très pratique, à laisser en place sous le paillage ou en surface, au pied des plants.

Attention, arroser de trop, peut “lessiver” le sol comme évoqué plus haut, en entraînant avec le liquide excédentaire les éléments nutritifs hors de portée des racines…
Imaginez un filtre à café rempli à ras-bord d’arabica moulu tout sec sableux friable au départ, avec un fraisier planté au milieu : débrouillez-vous pour mouiller la poudre et puis toujours la garder humide et collante, mais sans que ça coule par les trous inférieurs : toute goutte de café tombant dans votre tasse, sera de l’eau qui aura emporté une partie des molécules de bon goût moka de la poudre, désormais hors de portée des racines, qui ne pourront plus les déguster…

9.  Les variétés à longue production

A l’origine, les fraisiers ne produisent qu’une grosse quantité de fraise sur une courte période en début de belle saison. Mais il existe des variétés dites remontantes (“des 4 saisons“) qui donneront une deuxième production en été ou automne, plus ou moins longue.

Lors d’une plantation de printemps il est intéressant, pour les variétés remontantes, de couper les fleurs de mai-juin la première année, pour assurer une meilleure production après la saison normale des fraises.

10.  Divers

La “Fraise de Wépion” : on nous demande souvent cette variété : elle n’existe pas !!! Wépion est une région historique de cultures de fraises en Belgique, les producteurs locaux cultivent depuis toujours de nombreuses différentes variétés, qui évoluent selon les années. Un vendeur qui vous refourgue la “vraie” variété nommée “De Wépion” est soit incompétent total, ou un malhonnête.

Les fraisiers “grimpants” ou “cascade” : vente de rêve au mieux, arnaque commerciale au pire : oui pour certaines variétés, si vous laissez se développer les stolons, certains produiront des fleurs et fruits même si pas enracinés correctement. Cependant, ça épuise le pied-mère et détourne l’énergie de celui-ci pour sa production présente et future, en nombre et calibre. Et les fruits sur stolons seront anecdotiques par rapport à la plante d’origine. Ne perdez pas votre argent, temps et énergie : pour avoir de super fraises, il faut cultiver un fraisier principal normalement, et bien le soigner, et couper tout stolon (“fil”) dès son émission.

Les fraisiers à fleurs décoratives, ou couvre-sol compact, etc… : j’avoue devoir tester avant de critiquer, mais à partir du moment où on sélectionne en visant en priorité les qualités ornementales, fatalement la qualité gustative et production passent en second, donc méfiance. A suivre.

Les jolis noms de “nouvelles” variétés “exclusives” : une scandaleuse pratique commerciale se répand comme la peste ces dernières années : le renommage d’une variété existante, pour la revendre sous un autre nom, souvent en marque protégée, comme s’il s’agissait d’une nouveauté révolutionnaire ! Typique de certaines firmes allemandes et suisses, et aussi parfois quelques françaises… Exemple : “Framberry” qui est en fait la centenaire mais toujours excellente Mieze Schindler, ou “Avalon Delizia” qui n’est autre que la super classique variété Wädenswil n° 6 ! Prudence… Même nous parfois on se fait avoir… Nous condamnons fermement ces honteuses manipulations du public. On essaye de vérifier la réelle nature de nos variétés proposées, et leur nom d’origine. Cela touche malheureusement aussi d’autres végétaux, pas que les fraises…

Les pièges à jardiniers amateurs concernant les engrais : voir remarques au point 7 : mode relativement récente, de devoir vendre un paquet d’engrais différent selon la culture, avec chaque fois une belle image de la fleur, du légume ou fruit très spécifique. Genre engrais “lavande”, “olivier”, “plantes aromatiques”, etc… Souvent composition identique à la boite d’à côté, ou pire, même pas toujours spécialement la plus adaptée à la culture ciblée ! Sauf cas particuliers, de bons engrais universels seront souvent très bien pour les besoins de vos plantes et avoir de super résultats. Ou un engrais spécial telle plante, pourra de même généralement être fort convenable pour énormément de culture. Comparez les données NPK et autres éléments sur étiquette !

11.  Version courte

  • Planter au printemps les fraisiers frigo racines nues, en septembre les nouveaux stolons déracinés, et toute l’année les plants en mottes ou pots.
  • 30 à 40 cm d’espacement entre plants, au soleil à l’extérieur, en sol léger, avec de l’engrais.
  • Culture en pots possible mais il faudra apporter de l’engrais liquide.
  • Enterrer la plante pas trop haut ni trop profond…
  • Couper tout stolon qui se développe (les “fils”).
  • Garder humide mais pas trempé.
  • Méfiez-vous des arnaques, voir point 10.

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